Conservation des données en Belgique

Cette campagne est soutenue par diverses personnalités publiques, associations et organisations belges et européennes.

N’hésitez pas à nous contacter pour figurer dans la liste ci-dessous :

Les visages de la campagne

Lucas Belvaux

Cinéaste

« Comment appelle-t-on un pays qui considère (et traite) chaque citoyen comme un délinquant potentiel ? Comment appelle-t-on un pays qui se donne le droit d’entrer dans le vie privée de chaque individu, dans son intimité quels que soient l’heure, le jour ou les circonstances ? Comment peut-on imaginer que le pacte démocratique, qui implique respect et confiance entre un état et les citoyens, puisse résister à une telle conception de la liberté individuelle ? Combien de temps l’Europe, et les pays qui la composent, résisteront-ils encore à cette lente érosion des valeurs et des principes qui les ont fondés et réunis ? »

Jan Blommaert

Sociolinguiste et anthropologue linguistique

« Le droit à une sphère privée souveraine est une liberté fondamentale qui fait partie de notre héritage des lumières, et que nous avons acquis au prix d’un processus long et laborieux. Nous avons appris que la distinction entre une spère privée et une sphère publique est ce qui permet de faire la différence entre une démocracie et un régime totalitaire dans lequel les gouvernements peuvent réguler le contrôle des citoyens sans entraves. C’est précisément dans cette sphère privée que nous pouvons agir en tant qu’individu, en tant que personne libre et indépendante dont les actions et pensées ne sont jugées que par nous-mêmes. Les lois qui rompent cet équilibre nous placent du côté des régimes totalitaires, ceux-là même que nous avons combattu en tant que démocraties. Ces lois sont basées sur un manque de confiance du gouvernement envers les citoyens. Néanmoins, elles risquent d’aboutir à un manque de confiance des citoyens envers le gouvernment, et pire, entre les citoyens eux-mêmes. »

Eva Brems

Professeure de droits de l’homme

« Collecter des informations sur chacun d’entre nous est une opération qui a toujours été présentée comme étant benigne pour "ceux qui n’ont rien à cacher", et qui est nécessaire pour la lutte contre la criminalité. En pratique toutefois, nous voyons que ce type de mesures est souvent utilisé contre la presse, les dissidents politiques, et contre la société civile de façon plus générale. C’est pourquoi je ne me fie absolument pas à cette loi. »

Ben Caudron

Sociologue et écrivain

« La loi sur la rétention des données personnelles n’a pas procédé à une mise en balance adéquate des innovations technologiques et de l’intérêt général. Les dangers que cette loi recèle sont de la même ampleur que les dangers qu’elle prétend combattre. »

Elise Degrave

Post-doctorante à la Chaire e-Gouvernement et au CRIDS

« Imaginons notre maison sans rideaux. Nous comporterions-nous de la même manière si tout un chacun était susceptible, à n’importe quel moment, de nous observer ? Une société où nos données peuvent circuler sans limite est comparable à une maison sans rideaux, et il y a fort à parier que les conséquences sur notre développement personnel seraient semblables : nous nous sentirions contraints de nous conformer à un modèle imposé pour éviter les ennuis. »

Thomas Gunzig

Écrivain et chroniqueur radio

« Ma plus grande ambition est d’être oublié. »

Hilde Keteleer

Auteure et traductrice littéraire

« Traduire l’essai "Aanslag op de vrijheid" écrit par Ilija Trojanow et Juli Zeh m’a ouvert les yeux. L’ouvrage commence par la citation suivante de Benjamin Franklin: "celui qui est prêt à sacrifier sa liberté pour sa sécurité ne mérite aucun des deux". Les auteurs documentent de façon très convaincante que nos sociétés occidentales sont sur la bonne voie pour perdre les deux. Les seules à profiter de cette illusion de sécurité qui érode nos démocracies depuis 2001 sont les firmes privées qui font du profit avec les CCTVs, l’écoute de téléphone, etc. Leur conclusion met en lumière un rappel essentiel: chacun devrait être jugé sur base de ses actions et non pas de ses intentions! Si ce principe est remplacé par la surveillance de masse comme moyen de prévention, nos sociétés se retrouverons face à l’alternative suivante: "soit nous considérons chaque personne comme des suspects potentiels avec toutes les conséquences que cela entraîne (contrôle, surveillance, suspicion généralisée), soit nous faisons la distinction entre bons citoyens et (mauvais) terroristes". En pratique, les deux sont fortement liés. En tant qu’écrivain je veux être jugé sur base de mes fantasmes et intentions, mais en tant que citoyen je veux être jugée pour mes actes. C’est la raison pour laquelle cette nouvelle loi de conservation généralisée des données personnelles m’inquiète. Je ne veux pas être traité comme un supsect potentiel et je veux que ma vie privée soit respectée. »

Joke van Leeuwen

Auteure et comédienne

« Qu’avaient-ils en tête avec cette loi bizarre ? Faire de nous tous des suspects ? »

Pierre Mertens

Écrivain

« Je découvre avec bonheur que nous avons encore droit à une vie privée. Dans ce cas, serait-il possible de ne pas trop y porter atteinte ? »

Martine Simonis

Secrétaire générale AJP

« Pour l’Association des Journalistes professionnels, cette loi menace réellement le secret des sources journalistiques, pourtant légalement protégé. Or, sans secret des sources, il n’y a pas de liberté d’information. On touche ici à notre liberté d’expression. »

Nigel Williams

Comédien

« La liberté n’est pas protégée par la répression et par une société où la vie privée n’existe plus. La liberté et la démocratie ne sont pas des choses que l’ont peut retirer de la boîte aux lettres de quelqu’un. »

Ils soutiennent la campagne

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Citation

Ceux qui sont prêts à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne méritent ni l’une, ni l’autre.

Benjamin Franklin